Les cols kirghizhs
Le Kirghizstan c'est magnifique mais qu'est ce que c'est dur avec notre long velo que les gens appellent "limousine". Ces derniers jours, nos cuissent ont surchauffe mais nos yeux se sont regales.
Pour arriver jusqu'a Jalalabat (3eme ville du pays avec 75 000 habitants) nous avons gravi 2 cols et rouler en partie sur une petite route qui s'apparente a une piste pour mulet agile.
Il y a tres peu de villages, juste des montagnes a perte de vue. Difficile de faire des provisions sur la route. Les rares boutiques vendent principalement de la vodka et des biscuits moux. C'est donc chez l'habitant que nous nous ravitaillons. Quand il y a des poules c'est qu'il y a des oeufs et toujours du pain maison delicieux et de la confiture d'abricot. Pour l'eau, nous pompons directement les nombreuses rivieres avec notre filtre qui est devenu bien utile.
Les gens que nous croisons vivent dans des conditions rudes, exigentes perdues au milieu des montagnes. Ceci explique certainement le caractere rustre et sauvage des kirghizhs. La politesse est loin de celle que nous connaissons. On tente de leur expliquer que "Salam" (bonjour) serait plus approprie que leur cri d'animaux !
Nous avons atteint notre premier col a 2650 m sans trop de difficultes. Au sommet une famille nous convie a partager leur repas dans leur roulotte. Nous voila recompenses des nos efforts et bien rassasies pour la descente.
Le jour suivant nous reattaquons une longue ascension vers le second col a 3175 m 'daltitude. Il nous faudra 3 jours pour le franchir. Une nuit nous plantons la tente a 2700 m ou il fera -10 degres. Notre eau et nos oeufs durs ont gele ! Nous dormons avec bonnet, chaussettes, collant et sous-pull. Heureusement en journee il fait doux, le soleil de printemps nous rechauffe bien et nous pouvons meme prendre le petit dejeuner au soleil sur la couverture.
Au pays des moutons
A vrai dire nous ne sommes pas completement seuls a gravir les cols a un rythme d'escargot. Au mois de mai beaucoup de familles kirghizhes partent au "jailoo". Les jailoos sont des grands paturages d'herbe fraiche qui apparaissent quand la neige fond. Les familles partent avec leurs enormes troupeux de moutons, vaches, chevaux pour s'installer dans les montagnes. Cette transumance s'effectue a pied ou en camion (pour les plus riches). Les yourtes sont alors assemblees et abritent la famille pendant 5 a 6 mois. Comme il n'y a pas de bois, ils utilisent le crottin ou la bouse pour se chauffer et cuisiner. A l'interieur des yourtes, des shyrdaks colores (tapis fais avec la laine de mouton) apportent chaleur et confort. Au Kyrghyzstan, il y a 2.5 fois plus de moutons que d'habitants ce qui explique les immenses paturages. Le mouton est partout, meme dans nos assiettes. Le gras des fesses est la meilleure partie selon eux.
On descend de la montagne.......a velo
En redescendant des montagnes, nous retrouvons des grandes plaines cultivees comme en Ouzbekistan. La frontiere n'est d'ailleurs qu'a quelques kilometres. Il fait bien plus chaud et nous mangeons nos premiers abricots. Les gens sont aussi bien plus chaleureux et nous goutons a nouveau au bonheur de partager notre soiree avec des familles. Deux soirs de suite, nous serons invites a dormir chez des modestes et sympathiques familles a partager le the et le pain.
Apres avoir enchaine les kilometres (plus de 8000 km au compteur) et les deniveles, nous prenons une bonne journee de repos meme si ecrire le blog n'est pas toujours de tout repos. Soyez genereux en messages, ca nous fait tellement plaisir.
Merci a tous nos lecteurs !
Gros bisous.
C'est moins dangereux que le cheval. La chute est moins haute !